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dimanche 23 avril 2017

La bibliothèque des existences

Thomas Gerbaud
Librinova

sorti le 2 mars 2017
263 pages


Merci à Thomas Gerbaud et à Livraddict pour cette découverte !

Alors qu'il rentre d'un long exil à l'étranger, Thibault Saintes, romancier à succès, va retrouver deux pages écornées qui décrivent dans les moindres détails les dernières vingt-quatre heures de sa vie. Cette découverte va le lancer dans une enquête sur les traces du passé et du vieux libraire qui fut jadis son mentor. Au même moment, un homme se réveille au beau milieu d'une clairière, sans aucun souvenir. Il va découvrir que, dans le monde où il est tombé, chacun possède un Livre Poussière, un ouvrage relatant sa vie de la naissance à la mort, entreposé entre les murs de la Bibliothèque des Existences et qu'il n'est pas arrivé ici par hasard.

Mon avis : Dès la lecture de la quatrième de couverture, je savais que ce livre me plairait, et je n'ait pas été déçue du voyage...
L'intrigue suit une certaine forme géométrique, que vous allez devoir deviner dans les énigmes de ce livre, et pour cette raison je ne vous la donnerait pas ! Mais en bref, on a deux histoires en parallèle : la première se déroule à Paris où Thibault Saintes, écrivain de son état, revient pour une semaine. En retournant dans la librairie où il a passé une partie de son adolescence, il fouille dans sa cache secrète et tombe sur deux pages qui semblent bien anciennes mais dont le texte raconte en détails ses dernières vingt-quatre heures ; qui il a vu dans la rue, de quelle couleur était la chemise de son chauffeur de taxi... Et ainsi commence un jeu de piste, où Thibault devra résoudre une série d'énigmes. D'un autre côté, nous suivons un homme qui s'est réveillé dans un monde fantastique, qui ne se rappelle ni qui il est ni pourquoi il est ici. Et bien sûr, il n'a aucune idée de la façon dont les choses se passent dans cet univers. Cet homme, grâce à ses rencontres, va en apprendre plus sur le monde dans lequel il a atterri et surtout va apprendre l'existence des Livre Poussière, des livres qui décrivent toute la vie d'un homme, de sa naissance à sa mort. Ces livres ne sont accessibles que par des Archivistes, seuls à être capable de les déchiffrer correctement, mais leur système très organisé est menacé par des éléments rebelles, ces Imparfaits sont donc pourchassés, et notre pauvre inconnu avec eux.
Je ne peux malheureusement pas en dire beaucoup plus sur l'intrigue car elle fonctionne vraiment comme une grande énigme : on a quelques indices, et quand on arrive au dénouement une grande partie de l'histoire se résout d'elle-même. L'autre partie, je l'ai prise personnellement comme une "fin" ouverte (plutôt qu'une fin, il s'agit d'une explication... mais ça marche bien aussi !) et je me suis imaginée la naissance de cet univers fantastique.

J'ai été très impressionnée par l'écriture de Thomas Gerbaud. Elle est plutôt simple, va a l'essentiel, et en même temps est terriblement poétique. On dévore ses lignes plus qu'on ne les lit, d'autant plus qu'avec son intrigue originale il nous plonge dans un  jeu d'énigme oulipien où je me suis personnellement perdue. Il réussit à nous tenir en haleine, jouant sur le suspense : quand Thibault et Lunelle trouvent la solution à une énigme, ils la gardent pour eux, et il nous faut attendre d'avoir fini le chapitre sur l'"inconnu" puis l'interlude où on suit un Archiviste pour avoir accès à la réponse. Ça pourrait paraître long, mais finalement il y a tellement d'éléments passionnants dans chacune de ces parties qu'on ne peut juste jamais détacher ses yeux de ce livre ! Tout le roman se déroule ainsi, comme un jeu, pour finalement arriver à la fin, à la réponse à toutes les questions (ou presque). Je ne parlerais pas du dénouement, je veux que vous le découvriez par vous-même, voici seulement ce que j'en est pensé : étonnant, bouleversant, magnifique.


Un roman sur le pouvoir de l'imagination et le sens de la vie. A mettre entre toutes les mains !





"Le livre en lui-même n'avait rien d'extraordinaire, mais lorsqu'il l'avait feuilleté, deux pages s'en étaient détachées, glissant en un froissement jusque sous une table un peu plus loin."
La bibliothèque des existences

Alice au pays des merveilles

Lewis Carroll, Benjamin Lacombe
Editions Soleil
EAN : 9782302048478

sorti le 16 décembre 2015
294 pages


Alice s'ennuie auprès de sa sœur qui lit un livre ("sans images, ni dialogues") tandis qu'elle ne fait rien. "À quoi bon un livre sans images, ni dialogues ?", se demanda Alice. Mais voilà qu'un lapin blanc aux yeux roses vêtu d'une redingote avec une montre à gousset à y ranger passe près d'elle en courant. Cela ne l'étonne pas le moins du monde. Pourtant, lorsqu'elle le voit sortir une montre de sa poche et s'écrier : "Je suis en retard ! En retard ! En retard !", elle se dit que décidément ce lapin a quelque chose de spécial. En entrant derrière lui dans son terrier, elle fait une chute presque interminable qui l'emmène dans un monde aux antipodes du sien. Elle va rencontrer une galerie de personnages retors et se trouver confrontée au paradoxe, à l'absurde et au bizarre...

Mon avis : Ce livre d'Alice aux pays des merveilles est très intéressant au-delà du roman et des illustrations de Benjamin Lacombe. En annexes, le lecteur peut lire les correspondances de Carroll avec ses "amies-enfant" ainsi que voir des photographies qu'il a prises de certaines de ces petites filles dont Alice Lindell. Cela permet d'avoir un aperçu de ses relations à ces jeunes filles, et dans le cas de ses correspondances avec Alice Lindell, de connaître l'histoire de son célèbre roman. Le deuxième point d'annexe qui m'a intéressée était celui des jeux de langages : la traduction ne peut jamais redonner toutes les subtilités de la langues originale, soit que le mot n'existe pas en français ou que le résultat soit trop lourd pour être gardé dans son intégralité. Henri Parisot est le premier traducteur d'Alice, et nous explique qu'il a essayé de reprendre les jeux de mots carrolliens en les rapprochant des expressions françaises pour que ce soit naturel. J'ai beaucoup aimé ce choix car dans la plupart des versions d'Alice, ces jeux de mots sont traduits littéralement ce qui rend le texte étrange, comme mal formulé.
Etant donné que j'ai déjà donné mon avis sur le texte du roman dans Alice's Adventures in Wonderland, je ne reviendrai pas dessus mais je parlerai seulement des illustrations de Benjamin Lacombe et de ce qu'elle apportent au texte. Tout d'abord, on retrouve bien son style si particulier : des visages bien ronds et de gros yeux, ce qui donne un côté très enfantin à ces personnages, très doux aussi. Cependant, la combinaison de ces éléments avec les couleurs pâles que portent Alice, le maquillage accentuant la blancheur de son teint, lui donne un côté très inquiétant, presque morbide comme si elle était malade. Ces tons clairs sont opposés aux tons criards, aux couleurs très vives du pays des merveilles, ce qui donne au décor un effet irréel. Et ce décor est bien le premier personnage de l'histoire : dans toutes ses illustrations, il prend le plus de place, il accroche le regard, Alice est minuscule à côté de lui... Ainsi, j'ai beaucoup aimé ce livre car j'ai l'impression qu'au fond Benjamin Lacombe a eu la même lecture d'Alice que moi, et que ça transparaît dans ses images. Le pays des merveilles n'est pas seulement un endroit merveilleux, il a une puissance qui domine tout et la logique qui y règne est éprouvante. Il y règne une atmosphère très inquiétante, qui est souvent mise de côté dans les adaptations d'Alice pour la jeunesse alors qu'à mon sens c'est une partie indispensable de ce lieu. De même, Alice ne comprend rien à ce qui s'y passe autour d'elle car elle est dans un entre-deux, entre fillette et femme, elle tente de comprendre avec un regard d'un enfant, ce qui la perd dans ce monde autant que ça perd le lecteur, car finalement ce qu'elle voit est la logique complexe de l'adulte, qui se rapproche souvent du non-sens pour une petite fille comme elle l'est.
Le dernier point, (rapide) que je voudrais aborder est la mise en page, en particulier au début du livre. Lorsque Alice grandit, l'illustration sort du livre, il faut déplier la page pour avoir accès à toute l'image, alors que quand sa taille diminue, la typographie réduit elle aussi. J'ai beaucoup aimé cette tension entre le texte et l'image, la façon dont chacun renvoyait des informations complémentaires au lecteur, et pour moi c'est un livre très réussi.

"Les deux Alice ne sont pas des livres pour enfants mais plutôt les seuls livres pour lesquels nous devenons enfants." Virginia Woolf

samedi 8 avril 2017

L'affaire Baskerville 1 : Une étude en Soie

Emma Jane Holloway
Bragelonne
EAN : 9782820519719

sorti le 20 février 2015
ebook
langue française


En ce début d'avril 1888, la jeune Evelina Cooper se prépare à la saison londonienne, événement incontournable pour les jeunes ladies et qui décidera de leur avenir. Mais en ce début d'avril, son passé la rattrape : un meurtre a eu lieu dans la maison de son amie Imogen, et en tant que nièce du célèbre Sherlock Holmes elle se doit de mener l'enquête. Dans un contexte politique difficile pour les aristocrates, elle est la seule à pouvoir protéger la famille Roth des conséquences d'une telle affaire, d'autant plus que la magie n'y est pas étrangère et qu'il est guère recommandable que ce détail arrive aux oreilles des barons de la vapeur...

Mon avis : Comme beaucoup de lecteurs je pense, j'ai été attirée vers ce livre par sa référence à Sherlock Holmes, et c'est sûrement la seule critique négative que je peux faire sur ce livre...
L'univers de L'affaire Baskerville est très intéressant : on se trouve dans le Londres victorien, ville partagée en quartiers dominés par les barons de la vapeurs. Ces personnages appartiennent à la petite bourgeoisie et contrôlent toutes les technologies de la ville, ils sont par ce biais au pouvoir, ce qui ne plaît pas à tous les aristocrates. Le contexte politique est ainsi très précis et plutôt complexe, et on suit des personnages de différents statuts sociaux, ce qui rend le récit passionnant pour tous ces enjeux. L'héroïne, Evelina Cooper, est un personnage remarquablement bien construit ; orpheline d'une mère bourgeoise reniée par sa famille et d'un père élevé au sein d'un cirque mais tentant de s'élever dans la société, Emma Jane Holloway a réussi à bien transcrire cet entre-deux dans lequel se trouve Evelina, ne désirant pas renier son passé mais désirant une vie différente. Ce trait est appuyé par le fait que cette jeune femme est passionnée de mécanique, héritage de son grand-père paternel, tout en restant très féminine. Il faut en plus ajouter à cela qu'elle pratique la magie, ce qui la rend d'autant plus aventurière, et qui est problématique dans cette société puisque la magie est redoutée par les barons de la vapeur qui y voient une manière de leur enlever le pouvoir qu'ils ont acquis. Tous les personnages présents dans ce livre ont une histoire, un caractère complexe et de l'affection qui les rendent profondément humains, malgré les nombreuses manipulations qui rythment le livre. Même moi qui suis plutôt hermétique à la romance, le triangle amoureux entre Evelina, Nick le lanceur de couteaux et Tobias Roth le bel aristocrate rebelle m'a plu ; ces personnages ont une réelle profondeur, et leurs histoires sont utiles à l'intrigue. Le seul personnage ne répondant pas à ces caractéristiques est le docteur Magnus, qui est irrémédiablement noir et j'ai trouvé cela dommage qu'il n'y ait d'autres raisons pour son comportement que la folie et l'ambition.
L'écriture de Emma Jane Holloway est classique mais nous entraîne dans son univers très rapidement. La plupart des chapitres débutent par un article de journal relatant les événements ayant eu lieu précédemment, ce qui aide à se mettre à la place des personnages et à vivre pleinement l'histoire. J'ai beaucoup aimé qu'elle se moque de certains de ses personnages et qu'elle fasse des références aux romans de Conan Doyle. Cependant, ces deux univers sont très différents et je n'ai pas retrouvé Sherlock Holmes et Watson, utiliser leurs noms dans ce roman est incohérent. C'est dommage car ce ne sont, finalement, pas des personnages importants, que l'oncle soit Holmes ou un personnage inventé ne change rien à l'intrigue, il aurait mieux valu ne pas utiliser ces noms car ça risque de décevoir les fans de Sherlock Holmes alors que ce roman est vraiment superbe. Pour cette raison, ce n'est pas un coup de cœur pour moi, mais Holloway a réussi tout le reste et je ne peux que le recommander !

Un remarquable roman mêlant magie et policier avec un univers steampunk passionnant.



"L'honneur est l'excuse qu'invoquent ceux qui ne supportent pas d'affronter leur propre faiblesse."
Une étude en soie

samedi 8 octobre 2016

The bone clocks

David Mitchell
Editions Sceptres
EAN : 9780340921623

sorti le 18 juin 2015
langue anglaise
626 pages



Résumé : The bone clocks conte la vie de Holly Sykes, une vie qui peut paraître ordinaire, mais ponctuée d'éclairs de précognition et de visites de personnes étranges semblant provenir de brèches dans les lois de la réalité. Car Holly Sykes est également un acteur involontaire dans une sanglante querelle jouée dans l'ombre et dans les marges de notre monde, et elle peut s'avérer être son arme décisive.



Mon avis : Le livre est divisé en 6 parties, chacune racontée par un narrateur différent mais qui ont pour dénominateur commun de faire découvrir des passages de la vie de Holly. Tout d'abord, j'avais du mal à en voir l'utilité, mais finalement je me suis rendue compte que tous les personnages apportent quelque chose d'important à l'histoire et le changement de point de vue installe un certain suspense. De même, la compréhension de l'aspect fantastique, essentiellement tourné autour de la mort, évolue tout au long du roman, l'enjeu n'est vraiment compréhensible que dans la cinquième partie. Absolument pas prévisible ou cliché, ce scénario est une petite merveille.

De même pour les personnages, en particulier les narrateurs, on ressent l'effet que Holly a eu sur leur vie ; d'abord antipathiques, présentés par leurs défauts, on s'attache à eux progressivement, ou l'inverse... Et les personnages qui peuvent paraître les plus insignifiants se révèlent en fait être les plus importants. Par contre, le style de David Mitchell est assez dur à suivre, l'auteur nous balade dans l'espace et le temps, et le fait que ça soit en anglais ne m'a pas forcément aidée (ce livre devrait cependant bientôt sortir en France), ce qui n'empêche pas que The bone clocks soit un livre marquant, avec des réflexions sur notre monde et notre façon d'agir et que David Mitchell mérite son statut d'écrivain talentueux et original.

En bref, une histoire compliquée à expliquer mais fascinante et originale.





"You only value something if you know it'll end."
                                                The bone clocks

The Buried Giant

Kazuo Ishiguro
Faber&Faber
EAN : 9780571315079

sorti le 28 janvier 2016
langue anglaise
362 pages


Résumé : Axl et Beatrice vivent un amour constant qui a résisté aux années. Ils décident de faire un voyage pour rejoindre leur fils, parti depuis longtemps. De nombreux obstacles se dressent sur leur chemin, parfois étranges, parfois terrifiants, et mettent leur amour à l'épreuve. Leur parcours est une métaphore de nos vies à tous.

Mon avis : The Buried Giant fait partie de ces livres envoûtants, qu'on est incapable de fermer une fois qu'on l'a commencé et qui reste ancré dans nos têtes pendant longtemps. Par son univers poétique, empli de créatures merveilleuses, Kazuo Ishiguro nous fait réfléchir ; doit-on sortir de cette brume qui nous vole nos souvenirs ? Ce qu'on risque de découvrir de notre passé ne serait-il pas trop lourd à supporter ? Et en plus des métaphores, cette épaisse brume, présente tout au long du livre permet de donner une atmosphère à la fois pesante et confuse, qui se marie très bien avec l'Angleterre de légendes du temps arthurien.
Le parcours de notre vieux couple les mènera à se redécouvrir eux-même ainsi qu'à apprendre grâce à leurs rencontres des thèmes bien humains ; la confiance et la haine, la vengeance et la justice... Bien que je ne sois pas une grande amoureuse de romance, leur histoire m'a touchée par la tendresse débordante que l'on ressent entre eux.

En bref, poétique, envoûtant, "The Buried Giant" est un texte marquant, débordant de sensualité, de respect, de pudeur, le tout dans un univers de légendes inoubliable.





"Promise to keep what you feel for me this moment always in your heart, no matter what you see once the mist's gone."
The Buried Giant

lundi 15 août 2016

Chants du cauchemar et de la nuit

Thomas Ligotti
Dystopia Workshop
EAN : 9791091146135

sorti le 20 octobre 2014
langue française
241 pages


Résumé : Ce recueil regroupe onze nouvelles de Thomas Ligotti. Son style, mélangeant horreur et fantastique, se rapproche de ceux de Poe et de Lovecraft qui l'ont beaucoup inspiré. Bien que très célèbre dans les pays anglo-saxons, il aura fallu attendre 2014 pour qu'un premier recueil de ses nouvelles sorte en France.

Mon avis : Malgré des thèmes similaires, ces onze nouvelles sont très différentes les unes des autres ; on trouve tous les points de vues narratifs (externes, omniscients, internes), l'épistolaire côtoie le récit ainsi que bien d'autres genres. Je trouve cette diversité de textes très intéressante car elle offre un rapport complètement différent au lecteur pour chacune des nouvelles et qu'elle permet en plus d'avoir une vision globale du travail de Thomas Ligotti.
En ce qui concerne l'écriture de Thomas Ligotti, elle est très détaillée, tout en restant raffinée, avec beaucoup de descriptions relatives aux sens, cependant elle n'est pas aisée. Je pense que c'est cette combinaison d'éléments qui réussit à créer une certaine atmosphère tout au long du livre, que ça soit un malaise pendant quelques unes des nouvelles ou une impression de sortie brutale d'un cocon protecteur qui nous berçait jusque là de douces illusions. Cependant, malgré toute la richesse narrative et les idées originales de Thomas Ligotti, j'ai trouvé la fin de certaines nouvelles décevantes, avec une impression de manque.

En bref, onze nouvelles choquantes, grâce à une plume redoutable par son originalité et sa technique et une philosophie à la fois réaliste et pessimiste dans laquelle la vie est inutile et dénuée de sens.





"Il avait pourtant, dans certains livres, découvert des passages qui se rapprochaient de cet idéal, suggérant au lecteur que les pages qu'il avait sous les yeux allaient lui proposer une vision venue du gouffre et jeter une lueur hésitante sur de lugubres hallucinations."
Vastarien